Une bonne grosse Gorge Profonde en plein Paris
Deep Throat, le film culte de Gérard Damiano plus connu sous le titre de Gorge profonde, était projeté au cinéma Le Nouveau Latina samedi 13 février, avec présentation du film par John B. Root. Nous y étions.
Samedi 13 février, la veille de la saint Valentin, Le Nouveau Latina (20 rue du temple, Paris 4ème) organisait, comme tous les samedi à minuit, L'Absurde Séance. Sauf qu'en lieu et place des traditionnels films culte d’action, d’horreur ou de science-fiction, ils projetaient ce soir là Deep Throat, ou plutôt Gorge Profonde, puisque le film était en VF. Et c'est bien là le seul reproche qu'on pouvait faire à cette belle soirée.
Pour l'occasion, ils avaient demandé à John B. Root (French Beauty, Montre moi du rose), qu'on ne présente plus de présenter le film. Avant la projection, nous avons d’ailleurs eu le plaisir de poser quelques questions à John himself, qui a été très loquace, comme d'habitude. On sent que le sujet lui tient à cœur (cf interview).
La soirée a commencé par quelques bandes annonces de vieux films X : Salope d'Amanda (sorti en 1978), merveilleusement présenté par son réalisateur Francis Leroi, puis trois autres monuments du porno kitch, SOS Mesdemoiselles (1980, de Gérard Grégory), Baiser au soleil (1978, de Claude Pierson), et enfin Elle suce à genoux (1990, d'Alain Payet). Grands moments de détente.
Puis, courte (trop courte ?) présentation du film par John, qui est surtout revenu sur le contexte de l'époque, puisque Gorge Profonde, qui a été tourné en 1972, est sorti en France en 1975, peu avant la loi "X", qui interdisait aux films pornographiques (ou considérés comme tels) tout accès aux salles de cinéma "traditionnelles".
Ensuite, nous avons eu la chance d'assister à deux jolis moments de poésie érotique : John avait préparé deux courts métrages sous forme de clips. D'abord, une histoire très drôle : Miniminibite. Toute l'histoire est dans le titre. On y trouve Julia Palombe dans le rôle principal et Yann Olejarz dans le rôle du mec qui n'a pas de chance. Eliska Cross, Milka Manson, Titof et Angell Summers font également des apparitions pleines de fraîcheur. Hilarant ! Deuxième court métrage, le très esthétique Ancolie, une véritable ode à Grazziella qui y est magnifique. La photo, notamment, est très recherchée, avec une dominante de gris, de noir et blanc, avec juste ce qu'il faut de touches de couleurs. Superbe.
Dans les deux cas, musiques et paroles de John B. Root. Celui-ci prend manifestement beaucoup de plaisir à composer, et parmi les projets qu'il a pour 2010, figure en bonne place un concert. Là aussi, si ça se précise, X-Intime vous en informera.
Pour revenir à Ancolie, Grazziella y est tellement époustouflante qu'on en redemande. Et comme il doit y avoir un Dieu dans le quatrième arrondissement de Paris, quelques minutes après Ancolie, on a eu droit à un show très chaud de la belle (voir photos en bas de page).
Après tant d'émotions, place à la projection… Sauf que la bande étant vieille, il y a quelques ratés au démarrage. Ce n'est pas grave. Histoire de meubler le temps, Fred, un des organisateurs, nous lit des passages entiers du Courrier des lecteurs du magazine Union, dans l'hilarité générale.
Le film commence dans la même ambiance, très bon enfant. On n’est certes pas à une projo du Rocky Horror Picture Show, mais les spectateurs réagissent, participent presque. Les réactions tiennent d'ailleurs plus du film comique que du porno. Bref, on rigole plus qu'on ne bande, mais c'est le film qui veut ça.
C'est d'ailleurs l'impression générale : regardez-le si vous en avez l’occasion, mais ne traversez pas le pays pour ça.
En bref, une excellente soirée ponctuée de nombreuses surprises en attendant la prochaine Absurde séance X : le 17 avril pour la projection de Behind the Green Door.
Lien(s) : - Entretien avec John B. Root à l'Absurde séance
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