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Christophe Bier

Entretien : Christophe Bier

Entretien réalisé le 03 Février 2011

Si vous êtes fan de Mocky, vous le connaissez peut être. Si vous lisez Mad-Movies régulièrement, vous le connaissez probablement puisqu’il y anime la rubrique La Caverne du Bier. Si comme nous, vous attendez de pieds fermes la sortie de son Dictionnaire des films français érotiques et pornographiques, alors vous le connaissez sûrement. Mine d’informations sur le cinéma bis, il maîtrise tout autant le sujet du cinéma pornographique, ce qui ne peut forcément que nous intéresser !

Lien(s) :
- Commander Le Dictionnaire des films français érotiques et pornographiques en 16 et 35 mm
- Edition Serious Publishing
- Le blog de Monsieur Bier

X-Intime - Vous avez une cinéphilie assez particulière : sans forcément rejeter les films dits « classiques », vous manifestez un vrai intérêt, aussi bien dans vos livres que vos articles, pour les films différents, les acteurs et réalisateurs oubliés ou inconnus du grand public, les genres mal aimés… Comment décririez-vous cette cinéphilie ?
Christophe Bier - La spécialisation est toujours gênante. Elle est l’expression d’un goût personnel évidemment, mais aussi le résultat d’un parcours où l’on ne manque pas d’être catalogué. Je suis avant tout curieux. De tout ? De beaucoup de choses, oui, particulièrement quand elles ont été longtemps bannies de la culture dite officielle. C’est un goût pour les marges. Godard a dit que c’étaient les marges qui tenaient le cahier. Comme quoi, on peut aimer Jess Franco, la sexy comédie italienne et le porno français, et citer Godard. Et dans les marges, une grande liberté peut parfois souffler. Le cinéma bis – dont il faudrait d’ailleurs bien définir un jour la vraie nature – est l’un des terrains de cette liberté, comme ailleurs le cinéma expérimental. On y aborde avec plus de franchise des sujets tabous dans le cinéma « de grande écoute », on y expérimente des manières de filmer, on y laisse aussi les acteurs prendre des risques. Mais je pourrais en dire tout autant du cinéma français des années trente, toutes catégories confondues, que j’aimerais avoir tout le loisir de redécouvrir. Ma cinéphilie va de La Bête humaine à La Bête tue de sang froid, d’Une femme chipée, un Pathé-Natan 1934 de Pierre Colombier avec Jules Berry et Elvire Popesco, à Une femme aux abois, un polar sexy 1966 de Max Pécas, écrit par Manchette, de L’Inconnu de Tod Browning avec Lon Chaney à L’Inconnue d’Alain Payet avec Catherine Ringer. Mais oui, je préfère plutôt écrire sur ce qui n’a jamais (ou mal) été étudié. Cela m’exalte davantage et c’est plus utile, non ?
X-Intime - Tout Ă  fait ! Vous souvenez-vous du premier film que vous avez vu en salle ?
Christophe Bier - Non ! Je lis souvent comme réponse Blanche Neige et les 7 Nains. Mais je n’ai strictement aucun souvenir. J’ai découvert le cinéma à la télévision, liée à une journée de convalescence quand j’avais 6 ans. Ne pas aller à l’école était déjà un grand plaisir et il fut associé à la diffusion d’Ali Baba et les 40 Voleurs, la version de Becker avec Fernandel. Tout est venu de Fernandel, pour lequel j’ai immédiatement voué un culte. J’ai aimé le cinéma grâce à lui. Après, je me souviens vaguement être allé dans ces années-là dans une salle de quartier spécialisée en comédies. J’y ai vu notamment 3 Enfants dans le désordre et La Cuisine au beurre. De Fernandel à Marilyn Jess, belle trajectoire.
X-Intime - Cet amour pour un cinéma « autre », quand s’est-il manifesté pour la première fois ?
Christophe Bier - Allez, restons avec nos amis les comiques. Car dans le cinéma « autre », je classerais un génie, et je pèse mes mots : Jean-Pierre Mocky (ce qui nous ramène à nouveau à Fernandel qu’il dirigea dans La Bourse et la vie). J’ai vu adolescent l’un de ses polars grinçants dont il a le secret, une authentique série B drolatique, inspirée (vaguement) de Fredric Brown : L’Ibis rouge. C’était le dernier rôle de Michel Simon. Il y avait Serrault, en étrangleur sublime, Galabru, Le Poulain, un capitaine crochet avec minerve stroheimienne, des seconds rôles bargeots, le canal d’Hôtel du Nord. Serrault ne pouvait s’empêcher d’étrangler des femmes à gros seins, souvenir de son professeur de piano quand il était enfant. Une atmosphère nocturne, des personnages dérisoires qui se bousculaient, du très, très grand cinéma, dans la tradition justement des folles années 30. En fait, c’était à sa manière un giallo, Serrault avait même des gants en cuir. Ce film plutôt noir m’a transporté de joie. Une révélation. Sinon, le cinéma bis à proprement parler, je ne l’ai découvert que tardivement, en débarquant à Paris vers 1988. Je suis devenu un assidu des doubles programmes du Brady, boulevard de Strasbourg (tiens, vous savez qui l’a repris ? Mocky justement). J’y ai vu plein de films : Zoltan le chien sanglant de Dracula, Cimetière pour morts vivants, Le Corps et le fouet, etc. J’ai commencé à aller voir des films érotiques dans d’autres salles, déjà moribondes. Au Strasbourg, à la sortie du métro Strasbourg-St-Denis, je me souviens d’un double-programme spécial Jean-Claude Roy avec Photos scandale avec Brigitte Lahaie et Brigade Call-girls avec Anne Libert. Au Pix, j’ai découvert un Jess Franco étonnant, Sadomania, avec une perverse Ajita Wilson dirigeant un camp de prisonnières et organisant des chasses à la femme. Je n’avais aucune conscience que je vivais les derniers feux de la sexploitation française, que ces salles étaient les dernières. Sinon, j’en aurais pris chaque semaine des photos, et j’y serais allé encore plus.
X-Intime - Avez-vous des habitudes, des tics de cinéphile (placement dans la salle de cinéma, le rangement et l’étiquetage des VHS/DVD…) ?
Christophe Bier - Pas vraiment. Pour le rangement, pas d’étiquetage, du coup je peux parfois perdre des heures à chercher un film.
X-Intime - On vous imagine collectionneur, en tout cas. Par exemple d’affiches de Belinsky - auquel vous avez consacré un article dans un numéro récent de Mad-Movies.
Christophe Bier - C’est vrai. En matière d’érotisme, je suis surtout bibliophile et ma passion secrète porte sur les romans français des années 1920-30 sadomasochistes illustrés de hors-texte ! Il y en eut de magnifiques, très difficiles aujourd’hui à trouver. Que ceux qui en possèdent n’hésitent pas à me les vendre. L’illustrateur le plus célèbre du genre est Carlo, qui illustra des textes fétichistes tels que Despotisme féminin, Le Château des cuisants souvenirs ou encore Le Cuir triomphant. Ce sont des merveilles, et parfois même le texte est à la hauteur, des textes plutôt obsessionnels. En fait, je préfère – mais c’est peut-être de la coquetterie – me définir davantage comme archiviste que comme collectionneur.
X-Intime - Quel(s) film(s) faut-il voir pour apprendre à vous connaître ?
Christophe Bier - Tout le cinéma de Mocky. C’est celui dont je me sens le plus proche. J’ai d’ailleurs travaillé avec lui comme assistant pendant quelques années. Récemment, j’ai rejoué pour lui, dans un film qu’il a tourné en toute liberté, sur un sujet complètement fou : Le Dossier Toroto, c’est l’histoire d’un type qui a un micro-pénis mais qui rencontre un scientifique (le formidable Jean Abeillé) qui fait grossir des légumes. Du coup, sa bite va grossir. Et si j’ai bien compris, d’autres types vont vouloir s’emparer de la formule pour avoir des grosses bites, tandis que des mecs qui, eux, en avaient déjà une grosse, se liguent pour empêcher la propagation de cette invention : ils craignent la concurrence et veillent sur leurs intérêts de mâles. Enfin, c’est ce que je crois avoir compris ! Pour les amateurs de pornos, sachez qu’Anksa Kara y tient aussi un rôle important. Donc, regardez par exemple La Grande Lessive ( !) ou surtout La Cité de l’indicible peur, et vous me connaîtrez peut-être mieux. D’autres titres ? L’Inconnu, West of Zanzibar et Freaks de Tod Browning. L’Armoire volante de Carlo-Rim. Le Mort dans le filet avec Barbara Valentin. Dementia de John Parker, Au nom du peuple italien de Risi, Les Chasses du comte Zaroff, L’Île du docteur Moreau, White Zombie, Mesa of Lost Women, Assurance sur la mort…
X-Intime - Anksa Kara nous a justement parlé du tournage du Dossier Toroto dans une autre interview… Y a-t-il encore des films, connus ou non, que vous rêvez de voir ?
Christophe Bier - Evidemment. En même temps, aucune obsession particulière… Selon les périodes, la réponse peut varier. Ce qui me vient à l’esprit, c’est de voir une version complète de The Monkey Talks de Raoul Walsh, une version complète de Chut de Mocky et un très grand nombre de films muets de Rex Ingram, particulièrement son Mare Nostrum, le polar L e Chacal traque les filles, Dis-moi qui tuer ? avec Daniel Emilfork. Côté érotique, j’aimerais savoir à quoi peut ressembler Les Acharnées [et Les Pétroleuses] du sexe d’un certain Joseph Van Houten, Les Bidasses et les baiseuses, porno troupier avec Marilyn Jess, Caroline mannequin nu, D’hommes à hommes, un hard gay produit par Francis Leroi, La Dévoreuse, Et avec les oreilles qu’est-ce que vous faites, La Fille à l’envers, La Grande Blonde avec une petite chatte noire, La Peau de l’ours n’est pas à vendre, Piège aux belles, Le Self-service du nu, Sexyrella, Le Sexe à l’envers, Tamara comment j’ai enterré ma vie de jeune fille, Le Tueur homo, Une si jolie petite fille… Et j’aimerais voir La Secte du diable de Willy Braque, peut-être le premier vrai porno français en 1970, mais je crains qu’il n’existe même plus de négatif…
X-Intime - ĂŠtes-vous encore consommateur de films pornos actuels ?
Christophe Bier - J’en vois pour raisons professionnelles essentiellement, pour le site de VOD FilmoTV où je présente parfois des pornos récents. Sinon, je n’ai pas le temps. Mais, il y a un terme que je n’aime pas dans la question, sauf vot’respect ! Le mot de « consommateur », quel vilain mot ! Je ne suis pas consommateur, mais spectateur. Et n’allez pas me dire que le porno est une activité masturbatoire donc forcément un objet de consommation. Ce sont des films, ce qui n’empêche pas qu’ils soient conçus pour le plaisir, comme le cinéma comique est conçu pour faire rire. Pourtant, on ne dit pas qu’on consomme un De Funès. Je suis spectateur d’une œuvre. Et je préfère aussi parler de films pornos plutôt que de films X. Le « X » est une terminologie impropre, en référence à une loi qui surtaxa le genre en le classifiant. Je trouve idiot aujourd’hui, en vidéo, par facilité sans doute, de perpétuer la légende du « X » qui ne servait qu’à stigmatiser des œuvres sortant en salles. A la rigueur, parlons plutôt de films de Q, si vous tenez à une lettre. Je n’aime pas utiliser le X, car j’ai toujours le sentiment de donner raison aux censeurs qui sont nos ennemis. Vous ne trouvez pas que c’est infâmant de réduire tout un genre à une lettre ?
X-Intime - Vous souvenez-vous de votre premier porno ?
Christophe Bier - Pas vraiment, non. Peut-être est-ce L’Inconnue d’Alain Payet, vu au Brady, dans lequel Catherine Ringer suce le nain noir Désiré Bastareaud sur le sol carrelé d’une cuisine. Mais à ma grande honte, je ne m’intéressais pas au cinéma porno dans les années 88-96, période à laquelle j’aurais encore pu en voir dans les derniers temples parisiens. Aujourd’hui, il ne reste que le Beverley, près du Rex et l’ABC, une salle déglinguée à Bruxelles, dans laquelle les films sont interrompus pour des strip-teases sur scène.
X-Intime - J’espère que vous évoquerez la scène que vous citez (Catherine Ringer suçant le nain noir Désiré Bastareaud) dans votre futur livre : Les Nains au cinéma ?
Christophe Bier - Ce sera surtout un livre d’iconographie. Les images seront plus importantes que le texte. Il faut donc trouver une photo de la séquence ! En tout cas, j’ai quelques documents très bons avec Désiré, notamment des romans pornos où il tient la vedette.
X-Intime - Vous avez vu la semaine dernière le film Dis-moi que tu m’aimes de John B. Root. Connaissiez-vous les films précédents du cinéaste ?
Christophe Bier - Bien sûr ! J’ai même travaillé avec John sur un projet fou de site internet qui avait l’ambition d’être le site porno et culturel le plus important d’Europe. J’avais été engagé comme documentaliste. Si ce site avait vu le jour, nous aurions aujourd’hui une iconothèque incroyable en ligne. Mais Canal Numedia, une filiale de Canal +, nous a plantés en beauté, sans respecter, me semble-t-il, ses engagements. J’ai découvert un fou amoureux du cinéma porno qui l’avait découvert dans les salles, un homme cultivé et un cinéaste qui aime les expérimentations. Pas un tâcheron mais un authentique auteur, avec une écriture qu’on peut déceler de film en film, même dans les films les moins bons. Je n’ai pas tout vu, mais j’aime XYZ, Inkorrekt(e)s et surtout, surtout, 24 Heures d’amour qui est magnifiquement abouti. L’une des grandes qualités de John, c’est la direction d’acteurs, et son sens du casting. Il connaît ses acteurs et leurs limites, et écrit en fonction. C’est certainement une contrainte pour lui, mais il la surmonte en cherchant des sujets adaptés à ses comédiens. On trouve cette qualité dans Dis-moi que tu m’aimes où tous les acteurs sont excellents. Titof, on le savait déjà depuis longtemps. La révélation, c’est Charlotte de Castille qui a un tempérament comique plutôt rare aujourd’hui dans le porno. Il a une vraie tendresse pour ses interprètes qui en fait un héritier de tout un courant intimiste du cinéma français. Certains ont parfois évoqué Becker ou la Nouvelle Vague. Je le lui ai dit, j’aimerais bien qu’il s’essaie à quelque chose de plus noir. Enfin, c’est à Monsieur Canal + qu’il faudrait le dire… John a toujours plein d’idées. C’était très culotté son Korrect(e)s tourné pour la chaîne cryptée, devenant Inkorrect(e)s en version complète, plus hard, plus libre. Il lui faudrait un mécène qui lui file de l’argent pour l’aider à tourner chaque année son porno crypté et un autre, complètement libre, absolument pas destiné à une vente. Canal fabrique une véritable censure en invoquant des arguments hypocrites (image de la femme, etc.)
X-Intime - En dehors de John B. Root, y a-t-il des cinéastes ou des films pornographiques qui vous ont emballé récemment en France ? Et ailleurs ?
Christophe Bier - Non. Mais je me régale avec les reprises des DVD édités par Wild Side. J’ai été sidéré par un titre récemment, que j’ai vu pour le site FilmoTV et qui sortira dans la collection des X américains de Wild Side, c’est Easy Alice, dont on ne connaît même pas l’auteur. Excellent porno de 1976, avec la liberté d’un Cassavetes.
X-Intime - Y a-t-il, dans le porno également, des films « bis », différents, voire immontrables ?
Christophe Bier - Inmontrables ? A part le snuff qui relève de la criminalité, au cinéma rien n’est inmontrable. Il faut être stupide comme un censeur pour croire cela. Justement, pour beaucoup de détracteurs du porno, en avoir vu un, c’est les avoir tous vus. Eh bien non, il y a plein de pornos différents, parmi lesquels certains sont marginaux, étranges, dérangeants. Des OVNIS inclassables, oui il y en a. Par exemple, le film que je vais offrir aux souscripteurs du Dictionnaire des films pornos et érotiques français que j’édite pour fin avril, Maléfices pornos, est l’un de ces films-météores, ne ressemblant à aucun autre, à l’esprit complètement « bis ». Il fut tourné en 1976 en quelques jours dans une caverne de la banlieue parisienne, une ancienne champignonnière qui avait aussi abrité des V1s sous l’Occupation. J’ai visité cette caverne avec le réalisateur, Eric de Winter. Un endroit incroyable pour un porno. Son film présente un couple de sadiques qui s’amusent à torturer des proies, hommes et femmes, pour s’exciter. L’homme, habillé comme Mandrake avec une cape noire, a visiblement des problèmes d’érections, et sa femme, cuissardée, lui ramène des filles enchaînées pour réveiller sa virilité. C’est l’un des rares exemples de porno français d’inspiration grand-guignolesque. Il avait été conçu à l’origine pour le circuit très spécial des salles SM de la 42e Rue à New York. Finalement, il est sorti en France, mais dans une version coupée. Elle reste encore très impressionnante.
X-Intime - Vous avez écrit un livre sur la loi dite X de 1975 et la censure en France (Censure-moi). Avez-vous eu l’occasion, pour ce travail ou autre, de rencontrer des responsables de la censure, voir même des personnes qui ont pu promulguer cette loi à l’époque ?
Christophe Bier - Il paraît que mon livre, qui, malgré son approche sérieuse, s’apparente aussi à un pamphlet anti-censure, a été très apprécié au CNC. Car enfin quelqu’un parlait dans le détail du travail de la Commission de classification, c’est son nom. Ce livre n’aurait pas pu être fait ainsi sans leur aide. Je n’ai pas rencontré ces censeurs qui siégeaient quand il passait des pornos en commission, mais j’ai pu dépouiller le millier de dossier concernant les films et lire leurs arguments, parfois stupides, même insultants, mais parfois aussi détaillés qu’une critique de films.
X-Intime - On vous sent presque amusé devant certains de ces arguments et devant les formulations parfois incroyables. Ou plus exactement on sent dans le ton employé que vous le seriez, amusé, si le sujet n’était si grave.
Christophe Bier - Pour le dictionnaire, j’ai relevé tous les avis qui sortaient de l’ordinaire. Certains me faisaient bondir du siège. En Sous-commission, la première commission chargée de voir les films avant la Commission plénière, il y avait dans les dossiers des avis individuels de chaque représentant. Certains étaient d’une bêtise affligeante, et parfois dénotaient d’un racisme certains. L’un des censeurs expliquait que les actrices de ces « films-là » venaient du caniveau. Il y avait aussi d’affligeants jugements sur les physiques. Mais il y a un homme qui faisait ensuite la synthèse des propos et rédigeait un avis global pour le dossier et là, je me suis pris de passion pour le dénommé Alfred Barbariche. Sa signature revenait souvent. Je me suis familiarisé avec lui et il m’a beaucoup amusé, car la pornographie, au bout du compte, le fascinait. Il utilisait parfois des tournures bizarres, des expressions comme « à sexes touchants » quand il décrivait une scène hard.
X-Intime - Ce livre est une mine de citations, de dates, d’informations… Avez-vous également pioché dans votre propre collection de cinéphiles (livres, magazines, coupures de presse…) ?
Christophe Bier - Ce sont les archives du CNC qui apportent le meilleur éclairage sur la question. Je crois qu’avant Censure-moi, aucun livre n’avait retranscrit autant d’avis de censure. C’est grâce au CNC que j’ai pu avoir accès à tous ces documents.
X-Intime - Vous décrivez dans ce livre certains pornos incroyables, abordant notamment le sujet de l’inceste. Avez-vous vu ces films en question ? Il me semble, à vous lire, qu’ils étaient incroyablement plus osés que ce que l’on peut voir aujourd’hui.
Christophe Bier - Mais oui. Le thème de l’inceste est très classique en pornographie, depuis la nuit des temps, depuis la littérature clandestine hard, vendue sous le manteau. Rien d’étonnant que le cinéma reprenne ce sujet. Aujourd’hui cela semble inconcevable. N’incriminons plus cette fois les diktats des commanditaires genre Canal, quoique leurs rôles en terme d’auto-censure soit certainement décisif. Mais il y a un autre problème, indépendant de la censure, lié à la nature même du thème qui requiert des acteurs de plusieurs générations. Une histoire d’inceste entre une jeune femme et son frère, c’est possible, mais avec son père, sa mère, sa grand-mère, ou bien un jeune homme, etc. Dans les pornos disons « mainstream » (j’allais dire « tout public ») il n’y a que des jeunettes. La plus « vieille » n’a même pas trente ans. Où trouverez-vous la mère, la MILF désirable qui prendra en bouche son grand garçon de 20 ans ? Dans les années 75-80, le porno tourné en 35 mm offrait plus de diversité. Aujourd’hui, il s’est aseptisé hélas. J’oserais presque le terme d’eugénisme ! Si le porno n’est pas eugéniste, alors il est dans une case (spécial « vieilles », « MILF », etc.) Cela a un effet immédiat sur les scénarios. Ou alors, il faudrait aller chercher chez Pierre Moro. Peut-être que la mode de la MILF va relancer le thème de l’inceste ? Le cinéaste porno le plus libre, c’est peut-être Pierre Moro, très rarement encensé.
X-Intime - Avez-vous vu L'Essayeuse de Serge Korber, saisi et brûlé en 1976 pour « apologie du vice », suite à une décision de justice après la plainte de deux importantes associations familiales ?
Christophe Bier - Plus une cinquantaine, dont les Scouts de France, l’Association des Sourds et Muets et la Croisade des Aveugles ! Des copies ont échappé à la destruction. Le négatif est parti en Allemagne, mais le réalisateur ne l’a jamais retrouvé ensuite. Il est quelque part… Bon, je n’ai jamais recueilli un témoignage fiable sur cette destruction. Elle fut ordonnée par jugement, mais eut-elle vraiment lieu ? Comment se serait-elle déroulée ? Destruction par le feu, par un grand coup de hache dans les bobines, comme le faisaient les destructeurs de copies en fin d’exploitation ? Qui pourrait me dire comment ça s’est passé ? Je n’en ai pas de preuve, en tout cas. J’ai vu ce film que je classe d’ailleurs parmi les pornos français les plus intéressants. Très belle facture : c’est toute une équipe de tournage classique qui l’a fait, Korber venait du traditionnel (Sur un arbre perché, c’est lui), les acteurs sont excellents. C’est un porno assez dramatique, où plane l’ombre de la mort et de la vieillesse. Quant aux scènes qui auraient choqué les sourds et les aveugles, et les Scouts, peut-être cette étonnante pyramide masculine dans un hammam, avec Carmelo Petix, prodigieux comme souvent dans l’exubérance sexuelle. Tous les mecs étaient ses amants de passage qu’il avait lui-même recrutés pour cette séquence.
X-Intime - Plus récemment, avez-vous vu Histoire de sexe(s), d’Ovidie et Jack Tyler ? Quel est aujourd’hui le statut de ce film ? Au moment de sa diffusion sur Canal+ il y a moins d’un an, il était apparemment en attente de classement.
Christophe Bier - Tyler et Ovidie souhaitaient le sortir en salles. A une faible majorité la Commission a réclamé le X. Soulignons qu’en Sous-commission il fut seulement proposé une interdiction aux moins de 18 ans comme le voulaient les auteurs du film. Donc le X, malgré la défense, je suis sûr éloquente, du film par le représentant du syndicat des critiques. Donc la production du film a renoncé à une sortie salles, car le classement X le condamnait à une sortie au Beverley. Il est vendu en VOD je crois bien. C’est bien dommage. C’est un film assez réussi, surtout la scène dans le cinéma porno est très forte.
X-Intime - Pouvez-vous nous parler de la loi de 1993, nous expliquer en quoi elle consiste et ce qu’elle implique pour le porno ?
Christophe Bier - La « loi Jolibois » ? Elle a remplacé dans le code pénal l’outrage aux bonnes mœurs qui était une notion floue laissée à l’appréciation du juge. Si le juge était libéral ou conservateur, il y avait outrage ou pas, il appréciait le degré de l’outrage à l’aune de l’évolution des mœurs. La loi Jolibois, son article 227-24 en est une aggravation. Car il contient une notion très perverse. Il punit de 3 ans de prison et d’une forte amende (75.000 E) toute personne fabriquant, transportant ou diffusant un message violent ou à caractère pornographique de nature à porter gravement atteinte à la dignité humaine et surtout « susceptible d’être vu ou perçu par un mineur ». C’est comme ça que le film Baise-moi, à l’époque sorti aux moins de 16 ans, à cause de ses scènes hard et violentes, est tombé sous cet article. Parce que les 16/17 ans pouvaient voir le film en salles.
X-Intime - Quel est votre avis sur la censure ?
Christophe Bier - Il faut la combattre sans discrimination. Que sa victime soit un « grand » film ou une « merde ». D’ailleurs qui serions-nous pour décréter qu’une œuvre est meilleure qu’une autre, et donc mérite plus d’être défendue ? Je suis choqué par le silence assourdissant qui a recouvert tout le cinéma porno de 1976 à sa mort en salles. Au moment de la loi X, des intellectuels se sont émus, et puis plus rien. Ce n’étaient que des pornos ! Non, vraiment, que des gens siègent dans une commission pour estimer ce qu’il est possible pour leurs concitoyens de voir et de ne pas voir, c’est insupportable et philosophiquement irrecevable. La protection des mineurs et la dignité de la femme (la pauvre qui ne peut donc pas se défendre elle-même !) ne sont que d’hypocrites prétextes, fallacieux et paternalistes, pour maintenir la censure. Qu’on s’occupe davantage de véritables fléaux, discrimination des femmes au travail (c’est l’inverse dans le porno d’ailleurs !), chômage, crédits à la consommation, exploitation et aliénation au travail, éducation scolaire, etc. plutôt que de s’inquiéter à outrance des soi-disant méfaits de la pornographie.
X-Intime - Vous mettez la touche finale à une énorme encyclopédie du cinéma pornographique, que l’on peut précommander via le site de l’éditeur – ce que j’ai d’ailleurs fait. Combien de films pornos votre équipe et vous-même avez-vous (re)vu durant le travail préparatoire ?
Christophe Bier - Ah je vous remercie d’avoir souscrit, car c’est une aide inestimable que nous offre ainsi le futur lecteur qui participe, à son échelle, à la garantie d’indépendance de ce projet qui ne sera vendu que par correspondance et dans des librairies amies. Les grands circuits, cela m’étonnerait fort qu’ils acceptent nos règles du jeu. Il y a 1812 films recensés, érotiques et pornos. Nous avons dû en revoir un peu plus de 90%, ce qui est pas mal du tout.
X-Intime - Pouvez-vous nous parler de l’équipe qui travaille sur ce projet ?
Christophe Bier - Mais oui, ce n’est pas « mon » livre » mais un travail collectif, une vingtaine de personnes. Je l’ai voulu dès le départ, d’abord pour ne pas travailler seul mais aussi pour multiplier les styles, les approches, les points de vue. Je pense que c’est plus enrichissant pour le lecteur. Il faudrait tous les citer. Sur le site de Serious Publishing vous trouverez la liste, et sur mon blog (leblogdemonsieurbier.com), vous pourrez lire leur portrait. Ils ont tous en commun un goût pour l’érotisme et/ou la pornographie. Mais ils viennent de tous les horizons : cinéphiles érudits, journalistes spécialisés, cinéastes ou romanciers, certains se revendiquent dilettantes. Il y a des noms connus, mais aussi d’autres pour qui c’est le premier ouvrage. De tout cela, je suis assez fier, car le milieu du livre de cinéma est trop souvent un pré-carré, toujours les mêmes signatures. Sans aucunement tomber dans le piège de l’anti-université, il devient insupportable de constater à quel point certains éditeurs ne publient que des travaux d’universitaires. Il n’y a pas qu’eux ! Mon regret principal est le déséquilibre évident de la parité. Il n’y a que deux femmes dans l’équipe rédactionnelle ! Et pourtant j’ai cherché. En fait, il n’a pas du tout été évident de trouver, femmes ou hommes, des rédacteurs pour ce livre, car souvent la pornographie (plus que l’érotisme) est très mal abordée, comme si elle faisait peur. On ne sait que rarement écrire intelligemment dessus. Très souvent, vous lisez des textes au second degré, ce que j’exècre violemment. Le second degré, c’est d’abord une façon grossière de se mettre en avant, de parler de soi plus que de l’œuvre, de dire : « ce film est nul, mais je ne suis pas dupe, je suis même supérieurement intelligent à l’imbécile qui l’a commis. Regardez comme j’écris bien, comme je sais même être spirituel à l’occasion ». Je déteste cela, c’est de la vulgarité littéraire. Il y a peut-être dans certaines notules du second degré, mais je pense qu’il est très subtil et toujours au service de l’œuvre commentée. Nous sommes là pour parler de cinéma, pas pour faire de jeux de mots à deux balles. Mais si beaucoup adoptent cette position vis-à-vis de la pornographie, c’est parce qu’ils ne la comprennent pas, voire qu’elle leur fait peur. Ce n’est pas le cas de mes rédacteurs ; il y en a même un qui n’a rédigé que sur des pornos, quand c’était soft, il refusait. Sa seule exception : Une sale histoire de Jean Eustache, qui figure en effet dans le dictionnaire.
X-Intime - Le porno se décompose aujourd’hui entre le scénarisé (de plus en plus minoritaire), le gonzo, l’amateur, les scènes internet (parfois regroupées en DVD), les compilations… Comment allez-vous faire la part des choses dans votre encyclopédie ? Qu’y trouvera t-on (et qu’y trouvera t-on pas) ?
Christophe Bier - Ce n’est pas une encyclopédie mais un dictionnaire des films. De A à Z, d’A bout de sexe à Zob, zob, zob. Le Dictionnaire des films français érotiques et pornographiques en 16 et 35 mm. Autrement dit, vous n’y trouverez aucune vidéo actuelle, ni même les premiers Dorcel de 1978. Uniquement des films tournés en pellicule 16 et 35 mm. La vidéo, c’est un autre mode d’exploitation, un autre livre pour dans 10 ou 20 ans… pour quelqu’un d’autre que moi. J’ai envie de passer à un autre domaine. On y trouvera donc tous les pornos tournés entre 1975 et 1996, mais aussi tous les films soft, les polars sexy des années 60, les drames de mœurs des années 50 sur la prostitution, les comédies naturistes. Il y a des classiques qui ont marqué l’histoire de l’érotisme comme Et Dieu… créa la femme ou L’Âge d’or de Buñuel, et aussi La Comtesse est une pute d’Alain Payet. Dans les pornos, il y a aussi un certain nombre de films gays qui constituaient un ghetto dans le ghetto des films pornos et qui sont aujourd’hui complètement oubliés.
X-Intime - J’imagine que la récupération des copies de ces 1812 films a du être titanesque et que tous n’existent pas en DVD ? Comment vous y êtes vous pris ?
Christophe Bier - J’ai commencé à collecter les films à une époque où il y avait encore des vidéo-clubs classiques, avec des rayonnages pornos. Surtout, il fallait demander s’ils n’avaient pas des vieux stocks en réserve. C’est alors qu’on pouvait repartir parfois avec une centaine de vieux films pour quelques euros. J’ai commencé à en acheter, 15 euros les 3. Puis les prix ont encore dégringolé plus tard. Les patrons de ces vidéos-clubs étaient souvent contents de s’en débarrasser. Après il a fallu utiliser aussi le réseau des collectionneurs, mais aussi découvrir des films stockés dans les Cinémathèques et aux Archives du film. On a ainsi pu voir des titres qui n’étaient jamais sortis en VHS.
X-Intime - Pouvez-vous nous fournir quelques chiffres (nombre de pages, nombre de films traités, ainsi que le nombre d’exemplaires édités et prévendus) ?
Christophe Bier - 1812 films commentés : résumé, notice critique, fiche technique la plus complète possible, liste des interprètes avec leur rôle, date de sortie avec les salles d’exclusivité, titres alternatifs et sorties vidéo, notes informatives (sur la genèse du film, sa censure), avis de la Commission de censure. Voilà tout ce qu’on peut trouver sur chaque film. Pour un large format 18 x 24, cela représentera dans les 1300 pages. Nous sommes justement en train de boucler la maquette et nous approchons de cette estimation. Le tirage sera de 1500 exemplaires, autrement dit un faible tirage pour l’ensemble de la francophonie. J’insiste d’ailleurs sur la souscription, car elle seule garantira aux lecteurs une réception rapide du livre. En fait, dès que l’imprimeur nous l’aura livré. Nous n’aurons pas le temps de fournir les quelques librairies intéressées tout de suite, car nous nous occuperons des envois aux souscripteurs. Sans compter qu’ils seront les seuls à avoir le DVD hors-commerce de l’incunable Maléfices pornos. Je comprends aussi que certains aiment attendre la sortie d’un livre pour le feuilleter avant de l’acheter. S’ils ne sont pas impatients, ils pourront l’obtenir quelques semaines après sa parution. Il faut bien se rendre compte que Serious Publishing est une petite maison d’édition qui va contourner les règles de diffusion classiques et onéreuses du monde du livre. Elle a donc besoin de l’appui direct des lecteurs. Un peu comme le commerce équitable aujourd’hui ou les coopératives bios qui se forment et dans lesquelles les producteurs bios vendent directement au consommateur.
X-Intime - Vous avez édité une revue de cinéma érotique (CinErotica), durant quelques numéros, revue qui comprenait justement quelques pages de dictionnaire. Avez-vous récupéré les textes déjà rédigés pour ce nouveau dictionnaire ?
Christophe Bier - Oui évidemment. Aucun souci avec l’éditeur de Cinérotica qui est aussi celui de mon petit livre, Censure-moi. Il était évident pour lui que Cinérotica interrompu, je récupérais l’ensemble des textes publiés pour un livre. Mais même dans les 100 à 150 premières pages publiées, tout a été remanié et complété.
X-Intime - Toujours via votre maison d’édition, vous éditez une perle rare : J.X. William's Peep Show et autres raretés. Pouvez-vous nous en dire plus ? Avez-vous personnellement rencontré ou contacté le réalisateur de ces films, actuellement caché en Suisse ?
Christophe Bier - Eh non ! J’aimerais bien, mais ce J.X. Williams est un drôle de type. C’est presque inespéré d’avoir ainsi pu éditer ce DVD. Personnellement, je ne le connaissais pas. C’est Dionnet qui m’en avait parlé un jour. Il fait vraiment partie de ces cinéastes marginaux et fascinants et lui est peut-être le plus extravagant.
X-Intime - Y a-t-il d’autres DVD de films pornographiques prévus au catalogue Serious Publishing ?
Christophe Bier - Non pas pour l’instant. En plus on entend partout que le DVD se casse la gueule, ce qui n’incite guère à en faire. Tant que les amateurs de cinéma trouveront plus intelligent de proposer en partage sur le Net les films qu’ils achètent, on ne s’en sortira pas. Récemment, un excellent label a fermé, Néo Publishing, qui publiait pleins de giallos, des films de cannibales, à des prix raisonnables. Maintenant, il n’existe plus et les cinéphiles qui refusent d’analyser les problèmes économiques et commerciaux et préfèrent vite copier le DVD acheté pour le partager et récupérer au passage d’autres films copiés peuvent pleurer. Ce comportement de pillage met sur la paille les petits éditeurs qui sortent les films qu’on rêve de voir. Ceux qui s’en sortent sont ceux qui vendent leurs titres à la télévision. Quand je vois sur le net tous ces vieux pornos en accès libre, cela n’encourage personne à les sortir. Il y a aussi un Grec, Onar Films, qui sortait des raretés du cinéma populaire turc, des Satanik turcs, des Tarzan turcs, des choses incroyables vendus 15 euros. Il tire maintenant le diable par la queue à cause du piratage. Le cinéphile est parfois un « consommateur » aveugle et compulsif qui scie la branche sur laquelle il est assis. Et puis, il s’effondre sur son tas de DVD copiés.
X-Intime - On parle beaucoup de la mort du porno : la concurrence des tubes et du téléchargement illégal, problèmes budgétaires, limites imposées par la « morale »... D’un autre côté, le porno est de plus en plus présent dans les médias : médiatisation d’actrices (interviews dans Entrevue, Les Inrocks, etc.), de réalisateurs et producteurs (Gregory Dorcel, John B. Root…), série produite par Arte (Xanadu), calendriers et disques d’ex-actrices… Les deux (mort du porno et médiatisation grandissante) allant peut-être même de paire. Ma dernière question sera toute simple : comment voyez-vous l’avenir du Cinéma pornographique ?
Christophe Bier - Voire l’avenir du cinéma… La médiatisation du porno est un leurre, c’est pour amuser la galerie. C’est ce que j’appelle souvent du porno « grand public ». Dorcel, c’est presque familial, non ? Il peut passer le dimanche soir, à grande audience. Ce n’est pas du cinéma tout simplement, mais du marketting. Il n’y a rien d’audacieux là-dedans. La mort de ce porno-là, je m’en fous complètement. Peut-être même que je la souhaite, comme je souhaite la mort du Foutu Cinéma Français de Qualité, celui du dimanche soir, celui du Box-Office, celui des scénarios bien pensants, bâtis sur des castings nés des éprouvettes de Artmédia, qui ne valent pas mieux que celles de Marc Dorcel. Tout cela n’est qu’un ersatz de cinéma qui peut bien disparaître sans nous affecter outre mesure. Internet rend des niches possibles, donne vie à des aventures qui, même si elles peuvent devenir juteuses, sont d’abord nées d’une passion. Un exemple, le site SM Insex qui n’existe plus, spécialisé dans le bondage extrême, a été une réussite. L’avenir du porno est dans la sincérité des pratiques sexuelles filmées, dans la passion exprimée par celui qui filme. Internet rend cela possible et renoue avec le format court qui fit les beaux jours des années 60/70 avec le super 8. Il faut revoir les loops de Lasse Braun par exemple, très inventifs, certains Color Climax, des bandes fétichistes avec Vanessa Del Rio qui sont sublimes, produits par Barbara Behr. Le format court est peut-être l’avenir.

4 Commentaires
Merci
Publié le 24 Février 2011 ŕ 14h02 | Par Florent B.
Ces gentils commentaires nous vont droit au coeur. Même si la qualité d'un entretien repose principalement sur la qualité de l'interviewé (et avec Christophe Bier, on était servis), merci à vous !
Christophe, tu es indispensable
Publié le 24 Février 2011 ŕ 13h02 | Par John B. Root
Enorme boulot, cette interview. Archi précise, archi documentée. Merci aux X-Intimes, merci à Christophe.
dédaignés et oubliés.
Publié le 14 Février 2011 ŕ 21h02 | Par charmontel
Quelqu'un qui fait l'apologie de Mocky ne peut pas ĂŞtre tout Ă  fait mauvais. lol
Bon interview où tous les aspects du Porno sont évoqués.
Comme d'habitude,la tendance est plutôt de se pencher vers les conducteurs de Ferrari que de Gordini bricolées!
Excellente entrevue
Publié le 10 Février 2011 ŕ 20h02 | Par Pierre Cavalier
Interview passionnante et incroyablement érudite. Ce n'est pas vraiment une surprise avec ce cher M. Bier, mais tout de même, quel talent et quelle réjouissante passion !
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